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Ici s'étend mon rêve d'évasion.
A moins que ça soit mon blog.
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myel : Bonne nouvelle année Mylord (message classique, mais preuve de pensée, s'il vous plait)
myel : (Tu devrais modifier le lien pour ChicouChicou au fait)
Timalk-Ae : Certes Lady, mais j'ai la flemmmmmmmme (et oui, même pour ça ^^)
Timalk-Ae : Et Bon Nané à toi aussi :)
myel : Juste comme ça pour laisser un mot :) J'espère que tu vas bien.
Timalk-Ae : kikoo lol ptdr mylady ! Vi je va bien, même que j'écris (un peu, et très lentement surtout) :)
Timalk-Ae : Je suis de retour (pour vous jouer un mauvais tour) ! Zessaierai de poster bientôt.
Skellig : hé joli le blog !
Songe : En panne maître de céans ?


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Aëana



(1052 ap. E., au Nord du Grand Rempart d’Ascalon, dans un manoir épargné par les Guerres des Guildes et les groupes Charrs.)

Fromm faisait les cent pas dans la bibliothèque alors que résonnaient dans toute la maison les cris de sa femme, à l’étage. De toute sa vie, il n’avait jamais ouvert un seul des livres de la pièce, celle-ci servant davantage à étaler sa richesse qu’à le distraire. Pour calmer ses nerfs, il jeta hors des étagères une dizaine d’ouvrages rares et les piétina.
Soudain, un serviteur fit irruption et souffla :
« L’enfant est arrivé… et votre femme va bien. »
« Est-ce un garçon ? » demanda Fromm à toute vitesse.
« …Non. »
L’homme entra dans une colère noire, galopa jusqu’à sa chambre et enfonça la porte plus qu’il ne l’ouvrit.
« Femme ! Cela fait deux ans que j’attends un fils, deux ! Et quand enfin tu tombes enceinte, c’est une fille ?! Je te répudie ! Désormais tu n’es plus ma femme, pas plus que ta fille n’est mon enfant. »
Il fit aussitôt volte-face, sortit et claqua la porte si fort derrière lui que le mur sembla trembler.

Cette femme s’appelait Agathe, et n’était qu’une paysanne qui avait réussi à s’élever dans la société grâce à son exceptionnelle beauté et à son mariage.
En deux mois, elle parvint à trouver un nouveau mari, un noble encore plus riche qui habitait dans la région. Après avoir fait l’acquisition de deux chevaux pour sa nouvelle écurie, il lui fallait une femme, mais sa laideur était telle qu’il ne parvenait pas à en trouver une de son rang. Il sauta sur l’occasion qu’était Agathe, la renomma Théa, car cela sonnait mieux, la couvrit de bijoux et de soieries, et sa promena à son bras toute la journée pendant plusieurs semaines. Quant à l’enfant de Théa et de Fromm, il l’adopta et lui donna le nom d’Aëana.
La petite Aëana fut élevée la plupart du temps par des nourrices et parfois par sa mère. Elle n’avait pas d’amis, restait au manoir en permanence et s’ennuyait. Son père adoptif engagea un tuteur pour l’éduquer, et celui-ci décela en elle des talents d’envoûteuses. Il fut donc décidé de l’envoyer à la très réputée Académie Nolani, qui se trouvait tout près de là, afin qu’elle y développât ses pouvoirs.
Elle y fut accueillie par du mépris et des insultes de la part des élèves, et, malgré son talent, par de l’indifférence de la part des professeurs. Tous pensaient que Théa n’était qu’une sorte de prostituée.
Au début, Aëana allait pleurer dans les jupes de sa mère, mais celle-ci, ennuyée par les larmes de sa fille, lui offrait un nouveau jouet avant de retourner à ses occupations.

La plume d’Aëana barra d’un grand trait noir le paragraphe qu’elle venait d’écrire. C’était la troisième fois de la journée qu’Emeric secouait sa table pour lui faire raturer son parchemin. Elle l’ignora et continua de prendre des notes. Elle n’osait même pas regarder l’élémentaliste et préférait garder les yeux fixés sur sa table. Elle ne réagit pas non plus quand un apprenti nécromant nommé Treistan commença à s’essuyer les pieds sur sa robe. Mais elle ne put s’empêcher de sursauter violemment quand elle reçut un crachat au visage.
« Tenez-vous tranquille ! » cria le professeur à l’intention d’Aëana.
La responsable était bien sûr Elindae, à sa gauche, envoûteuse comme elle. Mais Aëana ne dit rien, se mordit la langue et essuya sa joue du revers de la main. Cela faisait plus d’un an qu’elle ne disait plus rien. Elle en avait onze, et encore sept devant elle à supporter Elindae, Treistan et Emeric. Et il ne fallait surtout pas qu’elle pleure…
On frappa trois coups à la porte.
« Ah, j’ai oublié de vous le dire ! » s’exclama le professeur. « Il y a un nouvel élève. Il s’appelle Adrian et il est nouveau dans la région. Faites-lui bon accueil. »
Il ouvrit donc la lourde porte, laissant apparaître un garçon souriant aux cheveux bruns et courts, aux yeux noirs et à la peau dorée.
Un bourreau de plus pour Aëana.
Il alla s’asseoir à côté d’Elindae, qui entama la conversation. Par chance, l’arrivée d’Adrian attirait l’attention des autres élèves qui se désintéressèrent d’Aëana. Le professeur continua son cours malgré l’inattention de ses élèves, ignorant le petit groupe qui se formait autour du nouvel arrivant.

Enfin, il y mit un point final. Tous les enfants se ruèrent hors de l’amphithéâtre en criant et en riant. Aëana faisait partie de la minorité des élèves qui habitaient assez près pour rentrer chez eux le soir. Elle sortit donc de l’académie et commença à traverser le village qui se trouvait sur son chemin. Elle jeta un œil dans son dos. Treistan, Emeric et deux autres apprentis mages marchaient une centaine de pas derrière elle. Et eux habitaient loin. Trop loin.
Aëana bifurqua dès qu’elle le put, et se mit à courir. Elle tourna à gauche, puis à droite, puis encore à droite. Elle crut les avoir semés, mais des bruits de pas et des cris la détrompèrent bien vite. Ils connaissaient bien ces ruelles, pas elle. Elle continua sa course jusqu’à tomber nez à nez avec un cul-de-sac. Elle fit volte-face, mais c’était trop tard. Ils étaient là.
« Je vous en prie, laissez-moi tranquille, je n’ai rien fait, rien du tout… »
« Ceux qui supplient qu’on leur laisse la vie sauve méritent de mourir… » répondit Treistan avec un sourire cruel.
Emeric la frappa au visage, son nez émit un craquement et elle tomba au sol. Treistan posa son pied sur elle pour l’immobiliser, puis entreprit de tisser un sort. Un fil de lumière verte se forma lentement entre sa poitrine et celle d’Aëana, répandant des vagues glaciales dans son corps.
A leur tour, Emeric et ses acolytes entamèrent des incantations.
« Ca y est, je vais mourir. » pensa l’apprentie envoûteuse. « J’aurais dû le faire avant. »
Et des larmes vinrent se mêler au sang qui coulait de son nez brisé.

Soudain, le maléfice de Treistan se brisa et explosa en une myriade d’étincelles mauves. Avec un claquement assourdissant, une puissante onde de choc projeta les quatre garçons contre un mur. Pointant dans leur direction un sceptre scintillant, Adrian s’approcha. Ils se remirent debout et encerclèrent leur nouvel adversaire.
« Tu vas le payer. » cracha Treistan, furieux.
Adrian ne répondit pas, ferma les yeux et s’éleva dans les airs. Le vent se leva, les alentours semblèrent se déformer, se distordre, et des éclairs violets éclatèrent un peu partout.
Il reposa pied à terre une fois ses ennemis enfuis, et courut s’accroupir près d’Aëana.
« Ca va ? »
« Mer… Merci. »
« Qu’est-ce qu’ils te voulaient ? »
Aëana se tut et continua à pleurer. Si seulement elle le savait. Si seulement elle savait pourquoi la vie était si dure avec elle…